Schéma de principe d'un raccordement de copropriété horizontale
LES RESEAUX A PORT RIPAILLE
A bout de souffle
Notre copropriété horizontale — 24 syndicats dont les parties communes sont gérées par l'Union — repose sur des réseaux conçus il y a plus de cinquante ans.
Électricité, téléphone, télévision et aujourd'hui fibre optique transitent par les vides sanitaires des maisons : une solution de bon sens dans les années 1970, mais qui constitue aujourd'hui un point de fragilité majeur.
Plusieurs de ces vides sanitaires sont obstrués rendant parfois l'accès aux câbles impossible. Conséquence : certains lots rencontrent des difficultés, voire une impossibilité, pour être raccordés à la fibre optique.
Ce constat n'est pas qu’une question de confort. La fermeture technique du réseau cuivre est engagée et se poursuit. Le calendrier prévoit la fermeture progressive des services utilisant le cuivre, notamment l'ADSL et les anciennes lignes téléphoniques.
Pour les lots qui ne disposent pas aujourd'hui d'une solution fibre opérationnelle en raison de l'état des réseaux internes, cette évolution constitue un risque de perte de service à terme.
La question n'est plus de savoir si nos réseaux doivent être examinés, mais quand nous allons le faire ?
Le renvoi de responsabilité n'est pas une gouvernance, c'est une paralysie organisée
Face à ces sujets, un mécanisme récurrent bloque toute action : dès qu'un problème touche une partie commune relevant du périmètre d’entretien de l'Union, les syndics renvoient vers l'Union, et inversement. Entre ces deux renvois de responsabilité, rien ne se décide.
Pourtant, le vieillissement des réseaux est une réalité et leur adaptation aux nouveaux usages est incontournable.
Chaque syndicat est responsable de ses décisions et c'est son Assemblée Générale qui décide des travaux et des orientations qui le concernent. Il doit pouvoir présenter à son Assemblée Générale les diagnostics et résolutions nécessaires
Une fois les décisions adoptées, il peut missionner l'Union dans son périmètre pour leur exécution et une mutualisation nécessaire à l’optimisation des coûts.
L’Union n’est qu’un moyen d’exécution, pas un organe de décision.
Ce que vous pouvez constater
Vous n’avez aucun plan de ‘récolement’ aucun plan masse faisant apparaître les réseaux…Non, vous ne les avez pas.
Le schéma de principe des réseaux enterrés sous voirie (eaux usées, eau potable, électricité, téléphone/câble/fibre) ci-dessus rappelle les règles de l'art actuelles en matière de localisation, de profondeur, de séparation des réseaux, alors que nos réseaux transitent encore aujourd'hui par des vides sanitaires sous lots privatifs plutôt que par des tranchées communes en bordure de voie.
Cette configuration exige aujourd'hui un diagnostic avec des conditions d'intervention et les plans de modernisation.
Il ne s'agit pas de savoir comment les réseaux ont été conçus dans les années 1970, mais de savoir comment nous assurer leur fonction et leur maintenance dans le temps notamment avec les nouvelles technologies.
Compteurs électriques : Une mutualisation obsolète devenue non conforme
Les compteurs électriques sont aujourd'hui regroupés sur un lot, pour plusieurs lots selon une organisation historique.
La situation des compteurs électriques doit être auditée au regard des prescriptions actuelles et normes applicables pour s’orienter vers les référentiels actuels avec un compteur individuel accessible en limite de chaque lot.
Recharge des véhicules électriques : le résultat d'une absence d'anticipation
Faute d'une infrastructure collective conçue pour ces nouveaux usages, les copropriétaires sont amenés à rechercher individuellement des solutions de recharge.
Cette situation pose une question simple : le réseau électrique existant est-il dimensionné pour les usages actuels et futurs ? Cette question reproduit les conditions qui, ailleurs, ont justifié la mise en place réglementaire du « droit à la prise » et l'aménagement d'infrastructures de recharge collectives dédiées (IRVE) — précisément pour éviter les surcharges sur des installations qui n'ont pas été dimensionnées pour cet usage.
Anticiper permet d'éviter que des solutions individuelles successives ne viennent compliquer davantage un réseau déjà ancien.
Un sinistre (été 2025) est un signal d'alerte
Un incendie ne peut être considéré comme un événement anodin. C’est un symptôme. Sans préjuger de la cause du sinistre, si celle-ci devait être d’origine électrique, cette hypothèse doit au minimum conduire à s’interroger sur l’état général de l’installation et sur les mesures de prévention nécessaires.
Quelle en était précisément la cause ? Quel équipement était concerné ? Quelles mesures ont été prises depuis ? Un an après, aucune information n'a été présentée aux Assemblées Générales.
La multiplication des véhicules électriques rend nécessaire une réflexion collective sur les capacités disponibles, les protections, les puissances appelées et inéluctablement la mise en place d'une infrastructure de recharge adaptée.
Eaux usées : un risque sanitaire
Un réseau d'évacuation des eaux usées doit respecter une pente d'écoulement réglementaire pour garantir l'auto-curage des canalisations. Lorsque cette pente n'est pas respectée — ce qui est fréquent sur des réseaux anciens — les eaux stagnent, les dépôts s'accumulent. Au-delà de la nuisance olfactive, ces stagnations favorisent la prolifération bactérienne avec un risque sanitaire pour les occupants, en particulier en cas de refoulement.
Il ne s'agit pas de spéculer sur l'état du réseau : il faut le diagnostiquer pour savoir quels travaux sont ou seront réellement nécessaires à l’appui d’un diagnostic hydraulique et structurel du réseau qui identifie les tronçons présentant des désordres ou des faiblesses afin de les intégrer dans le PPPT avec les travaux nécessaires, hiérarchisés selon leur urgence, leur coût et leur durée de vie.
Ce qui doit changer
Le sujet n'est plus de savoir qui doit prendre l'initiative d’un état des lieux technique global.
Cela passe notamment par,
Un inventaire précis des réseaux existants ; Un diagnostic des réseaux enterrés ; L’identification des passages en vides sanitaires privatifs ; La vérification de leur accessibilité ; Un audit de la configuration électrique ; L’identification des éventuelles fragilités du réseau d'eaux usées ; L’évaluation des besoins liés à la fibre et à la fermeture progressive du cuivre ; L’évaluation des besoins liés à la recharge des véhicules électriques ;
Et l'établissement d'un programme pluriannuel hiérarchisant les interventions, les urgences et les coûts pour des raccordements aux réseaux qui permettent d’envisager l’avenir.
L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 confie au syndic la mission d'administrer l'immeuble et de veiller à sa conservation. Depuis la loi Climat et Résilience de 2021, l'article 14-2 de la même loi impose l'élaboration d'un plan pluriannuel de travaux sur 10 ans.
La gestion d'un patrimoine collectif exige des responsabilités non pas renvoyées mais assumées.
Port Ripaille a plus de cinquante ans. Ses réseaux aussi.